Relecture: Marche ou crève de Richard Bachman

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Marche ou crève de Richard Bachman

Je me souviendrai toujours de ma toute première lecture de Marche ou crève par Richard Bachman. Je devais être en secondaire deux ou trois, et j’avais, à cette époque, l’habitude de fréquenter assez régulièrement la bibliothèque de mon école (petit budget littéraire l’imposant). Un midi, à la conquête d’un nouveau roman à dévorer, je suis tombée sur ce bouquin. Il s’agissait d’une édition plutôt vieillie de cet ouvrage publié chez Albin Michel. Le livre était tout blanc, signé sous le nom de Richard Bachman, un auteur dont je n’avais jamais entendu parler. Le quatrième de couverture disait quelque chose comme : 100 jeunes hommes, une marche sans fin, un seul gagnant. Il ne m’en fallut pas plus : je le pris, sans hésiter et j’entama ma lecture sur le champ.

Ce que l’on doit retenir dans cette histoire, ce n’est pas tant les circonstances qui m’ont menée à choisir ce roman, mais plutôt mon ignorance face à celui-ci. À ce moment, je n’avais absolument aucune idée que je tenais entre mes mains une œuvre de Stephen King. À vrai dire, on m’aurait dit que c’en était une et je l’aurais redéposée illico sous prétexte que je n’aimais pas les œuvres fantastiques (parce que je croyais que cet auteur ne se limitait qu’à cela). Dans le jargon populaire, la phrase suivante revient souvent : « il ne faut pas juger un livre par sa couverture » et bien je rajouterais : « il ne faut pas juger un livre par son auteur non plus ». À mon avis, l’œuvre dépasse l’artiste/l’écrivain. Une fois conçue, cette dernière vit d’elle-même, et ce, sans aide extérieure, elle est autonome et se présente sous une forme différente pour chacun des lecteurs. Selon vous, quel est le rôle de l’auteur une fois le livre rédigé et publié ?

Enfin, cette semaine j’ai relu Marche ou crève avec grand plaisir. Depuis plusieurs années, l’idée me trottait dans la tête et pendant le temps des fêtes, j’ai enfin eu le temps de combler ce désir. Comme mentionné ci-haut, le récit commence au tout début de « La longue marche », un événement télévisé et suivi par pratiquement toute la population américaine qui consiste en une compétition plutôt psychologique que physique. Cent jeunes garçons d’un peu partout dans le pays ayant été finement sélectionnés par le gouvernement se rejoignent dans le Maine pour une « course ». Le hic, cette course n’a pas de fin préétablie. En effet, ils doivent marcher jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un coureur debout, soit le gagnant. Vous me demanderez, qu'est-ce qu'on y gagne ? Le dernier debout a droit à tout ce qu’il désire pour le restant de ses jours. Ah oui, et les médias américains se remplissent les poches sur le dos d’un assassinat collectif. Pourtant, tout le monde aime cet événement, tout le monde y assiste, ou presque. Dans Marche ou crève, on suit Garraty, le #47. Garraty n’a rien de bien spécial, il n’est ni particulièrement beau ni fort ni très intelligent. Peu à peu, la marche suit son cours et il tisse des amitiés. McVries est un peu sa bonne fée, Barkowitch, un ennemi et Stebbins, une curiosité. Or, plus le temps avance, plus la mort se fait sentir et plus on tente de sauver sa peau.

Si j’ai relu ce roman, c’est certainement parce que j’y trouvais quelque chose de particulier, d’intriguant. Le concept en soi tient du génie. Qui est le vrai gagnant ? Y en-a-t-il véritablement un ? Gagner sa vie au détriment de 99 autres, c’est insensé. Marche ou crève vous fait réfléchir sur la vie comme sur la mort, sur l’amitié comme sur la haine et sur l’apport des médias dans le monde d’aujourd’hui. Sans être écrit de façon extrêmement littéraire, King transmet un message humain, simple d’accès et bien ficelé.

Un livre nécessaire qui vous hantera jusqu’à ce que vous ayez le courage de le relire.

☆☆☆☆
Marche ou crève
Richard Bachman
Le livre de poche (1979)
379 pages

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2 commentaires

  1. bon je rajoute à ma wishlist... merci pour ce partage

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    1. Je suis bien contente de l'apprendre! Bonne lecture!

      Megan Deslongchamps
      - Rédactrice de La Page Ouverte

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