La déviance vue de l'intérieur: Martin John de Anakana Schofield

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Martin John d'Anakano Schofield

J’ai quelque peu trainée à vous offrir ma critique de Martin John d’Anakana Schofield récemment traduit de l’anglais chez VLB éditeur. Cette fois-ci, à mon grand étonnement, ce n’est pas par manque de temps, mais plutôt par manque de mots. Qui a-t-il à dire sur un homme dont l’occupation principale est l’agression sexuelle de femmes qu’il croise ? Comment s’identifier à ce genre de personnage ? Ce sont les questions que je me suis posée au cours de ma lecture de cette œuvre portant sur la vie et, surtout, sur la psychologie d’un homme atteint d’une grave déviance.

Martin John relate la vie de Martin, un homme fin trentaine début quarantaine, assez sévèrement touché par la maladie mentale et adoptant des comportements sexuels dérangeants. La structure du roman d’Anakana Schofield suit bien l’angle selon lequel elle a décidé de nous présenter ce personnage antipathique. En tant que lecteur, on fait en quelque sorte office de Fouineurs (ces personnes qui poursuivent « supposément » Martin John afin de récolter bon nombre d’informations sur lui et l’emprisonner). On a donc un accès direct à ses moindres faits et gestes, aux réflexions qu’il nous offre, et à sa façon de commettre ses crimes. Parfois le protagoniste sent notre présence, parfois il tente de nous cacher des informations (beaucoup trop évidentes). Bref, notre vision est centrée sur cet homme perturbé redoublé du style qui nous perturbe lui aussi. La maîtrise de langue s’y fait fortement ressentir même si le vocabulaire n’est jamais très complexe.

C’est peu dire, ce récit m’a dérangée. Heureusement, je crois qu’il s’agissait ici du but de l’auteur : nous faire comprendre les mécanismes sous-jacents à ce genre de comportements. Martin John est mésadapté, couvé par sa mère depuis sa tendre enfance et borné à ne pas recevoir d’aide. Ce genre d’individu divague dans les rues, s’occupe à ne rien faire et crée d’innocentes victimes.

Même si ce roman a éveillé en moi une intéressante réflexion, j’ai trouvé l’intégralité de l’œuvre un peu longue et sans but clairement précisé. Il m’a fallu quelques semaines pour le terminer et j’avoue être restée un peu sur ma faim. Le concept d’origine aurait pu être porté légèrement plus loin et l’ensemble aurait été grandiloquant. 

Martin John
Anakana Schofield
VLB Éditeur (2017)
256 pages

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