Le journal d'Anne Frank

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Le journal d'Anne Frank

Depuis plus d’un demi-siècle, la Seconde guerre mondiale en passionne plus d’un. Ayant moi-même un très grand intérêt pour cette période de l’histoire, j’avais envie de me pencher sur un récit qui abordait le sujet de la guerre d’une façon assez peu commune. Le journal d’Anne Frank a su combler mes désirs en m’offrant la vision d’une jeune adolescente confinée et par le fait même, coupée des barbaries ayant lieu dans toute l’Europe à l’époque.

Anne était d'origine allemande, mais dès le début de la guerre, elle s’est vue déménager aux Pays-Bas. Un jour de 1942, vu les trop grands risques de déportation dans des camps de travail ou de concentration, toute sa famille a décidé qu'il serait préférable de se cacher. La cachette question, plus communément appelée ‘’L’Annexe’’, se situait dans la seconde partie des bureaux de la compagnie de son père, Otto Frank. Anne, Otto, sa sœur Margot, sa mère, un couple d’amis (les Van Daan) ainsi que leur fils, Peter, ont donc entrepris leur long périple vers la clandestinité.

La vie dans L’Annexe était bien organisée. Les employés d’Otto les fournissaient en nourriture et en produits ménagers. Les repas étaient donnés à une heure spécifique chaque jour. Dans la journée, les bruits étaient contrôlés afin de faire tout en leur possible pour ne pas être découverts. Chacun vaguait à ses occupations et alimentait ses propres projets. Les querelles, par contre, y étaient très présentes et presque quotidiennes. Les Van Daan, en particulier, était un couple très explosif. Plusieurs de leurs ‘’discussions’’, comme ils les appelaient, ont été relatées par Anne dans son journal.

L’ensemble du journal intime porte sur la famille, l’amour, l’amitié, l’estime de soi, la religion et la sexualité. On y retrouve les crises et les raisonnements d’une jeune adolescente en quête d’une identité qui lui est propre. Certes, Anne était très mature et avancée pour son âge, or, ses réflexions ne différaient pas de celles que l’on aurait pu entendre sortir de la bouche d’une jeune fille de quatorze ans du vingtième siècle, ce que j’ai beaucoup aimé. Il est amusant de se sentir rejointe par une personne d’une tout autre époque surtout lorsque l’on sait que celle-ci a réellement existé.

Vers le milieu du roman, Anne vit son premier amour : Peter. S’en suit alors des tonnes de pages à son sujet. Ce qui m’a un peu bousculé, c’est le peu d’importance qu’accorde Anne à la guerre. Très rarement, elle aborde le sujet en mentionnant des tirs et des bombes. Ce qui l’effraie encore plus, c’est l’idée d’être dénoncé. Ce qui est compréhensible puisqu’elle n’a jamais ‘’activement’’ connu la guerre (sauf peut-être vers la fin de sa courte vie).

Même si j’ai trouvé ce roman un peu long et redondant par moments, ce qui est toutefois normal vu la situation dans laquelle il a été rédigé, j’ai apprécié ma lecture. Plus d’une fois, je me retrouvais dans les pensées d’Anne, dans sa façon de voir le monde. Très jeune, elle défendait l’avenir des femmes, ne comprenant pas pourquoi on les opprimait ainsi. Elle aspirait à une carrière brillante et je crois que, dans un certain sens, elle y est parvenu haut la main.

En tout et pour tout, je ne regrette absolument pas cette lecture. Ce fut 323 pages bien investies et je recommanderais ce récit non seulement à tous les amateurs de la Seconde guerre mondiale, mais aussi à toutes les jeunes filles de ce monde qui doute encore de leur place dans la société actuelle. 
☆☆☆

Le journal d’Anne Frank 
Anne Frank 
Livre de poche (1959) 
323 pages (quelques notes additionnelles selon l’éditeur)

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3 commentaires

  1. Très jolie chronique. Je ne suis jamais venu au bout du journal d'Anne Frank car je trouvais qu'on passe beaucoup de pages à s'ennuyer car Anne Frank ne fait rien des journées et du coup j'ai trouvé la lecture trop longue. Tellement que je n'ai même pas lu le passage de son premier amour. Cependant si tu as aimé c'est le principal.

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    1. Moi aussi j'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs. Son journal me rappelait drôlement celui que j'avais quand j'étais beaucoup plus jeune. Certains moments étaient longs et redondants, j'ai toutefois poursuivi ma lecture (en partie parce que je suis très orgueilleuse) en me répétant qu'il y aurait quelque chose de bien à en tirer!

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