Vague de littérature québécoise: Le Torrent

21:35:00

Le torrent d'Anne Hébert

Classique littéraire québécois, Le Torrent d’Anne Hébert fut ma lecture de la semaine. Cette nouvelle d’environ soixante pages fait partie d’un recueil qui fut publié en 1950. Afin d’écrire une critique claire, je me suis uniquement concentrée sur cette dernière, remettant la lecture des autres récits à plus tard…


Selon L’Internaute, un torrent est : « un cours d’eau de montagne caractérisé par une forte pente, un débit rapide et irrégulier. » Rapide et irrégulier sont des mots parfaits pour définir l’âme de cette nouvelle. Des mots mélodieux qui s’emboîtent les eux aux autres formant une histoire brouillée par les adjectifs, qui s’enchaînent pour former un tout plus ou moins cohérent, mais qui, finalement, surprend et touche.

Le Torrent raconte une histoire non-conventionnelle, surtout si l’on se fie à la culture québécoise de cette époque quant aux rôles familiaux. Une femme tombée enceinte alors qu’elle n’était ni mariée, ni en couple, met au monde un garçon : François. Sans père ni figure paternelle, celui-ci est éduqué par sa mère, retiré de toute société dans une petite maison en forêt. Sa mère n’est pas qu’exigeante, elle est d’une sévérité impossible. Elle le bat, l’exploite, le rabaisse, les insultes volent. François quitte enfin la maison pour un pensionnaire où il étudiera. Pourtant, ayant grandi dans la solitude, ce dernier ne se mêlera jamais aux élèves. De retour chez lui, une guerre éclate. Sa mère l’assomme, il perd l’audition. François est désormais sourd. Se met alors à résonner en lui le torrent. Comme une rivière où les vagues se déchaînent constamment. Sans trop en dire, arrivera un incident qui bousculera sa vie entière, mais qui toutefois, ne lui permettra jamais de se défaire des chaines maternelles l’entourant depuis sa triste naissance…

Ce que j’ai pensé de cette nouvelle… eh bien, pour tout dire, j’ai aimé, mais sans plus. Certes, il s’agit d’un classique québécois, et il est magnifiquement écrit, or je préfère de loin les lectures moins chargées, plus fluides. Je crois qu’il est possible de créer un récit percutant, sans pourtant en encombrer le sens par l’ajout de multiples mots superflus. La beauté de la langue est, selon moi, beaucoup plus appréciée lorsque l’histoire est légère, voire positive. Un parfait exemple de cette affirmation serait le roman L’élégance du hérisson de Muriel Barbery. Les descriptions y sont longues, le français y est maîtrisé, mais tout y est fluide, aucun doute sur le sens des phrases, etc. Le vocabulaire soutenu, d’accord, mais pour une nouvelle, j’aime moins.

Du côté des points positifs, Le Torrent m’a fait redécouvrir la puissance des stéréotypes familiaux et religieux du Québec des années 50-60. La religion toujours omniprésente. La femme soumise (ici l’inverse, la révolte). Le concept des enfants nés bâtards, extra conjugalement. J’ai bien aimé revoir des concepts appris sous forme de preuve cette fois-ci.

Aussi, malgré les quelques recherches Google qui ont été nécessaires à ma compréhension, la fin est libératrice. On s’y attend tout au long de la lecture et on est bien servi. Pour les rares fois, j’ai apprécié être tenue en haleine à propos d’un fait qui était déjà évidence.

Finalement, Le Torrent n’a pas totalement gagné mon cœur. Lisez-le et partager moi votre avis, je suis curieuse !

☆☆☆
Le Torrent
Anne Hébert
Hurtubise (2011)

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