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Réception: Peau de Marie-Claire Marcotte

09:15:00

Peau de Marie-Claire Marcotte

Peau, c’est d’abord et avant tout une pièce de théâtre qui met à l’avant-plan le manque de communication d’une famille brisée. De la talentueuse Marie-Claire Marcotte et publié aux Éditions L’Interligne, ce texte à la fois complètement décalé de la réalité, loufoque et très touchant m’a d’abord intriguée, puis impressionnée.

Des dialogues très courts. Une narration très crue, très vraie. Un tout qui prend son sens à chaque fois que l’on tourne une page. Place à l’imagination.  Après plusieurs années d’absence, Catherine retourne chez ses parents sans prévenir. En moins de deux, elle renoue avec sa peluche qu’elle avait jusqu’alors abandonnée, Georges la girafe. Georges est un être à part entière. Il parle, pose des commentaires parfois osés, parfois tout simplement cruels. Ce dernier l’accompagne partout où elle va. Le hic, Catherine est enceinte. Comment l’annoncer à ses parents ? Pourquoi est-elle revenue?

Profondément blessée depuis sa tendre enfance, Catherine est aujourd’hui en voie d’être mère, mais elle ne sait pas comment aimer. Elle essaie donc de mettre fin à ses jours, à ceux de son bébé et du père en provoquant un accident de voiture. Heureusement, ça n’a pas fonctionné. Elle se retrouve sur le pas de la porte de sa maison d’enfance, au centre d’une famille qui ne sait plus comment échanger. Francine aussi possède une mascotte, un intermédiaire au dialogue, et il se nomme Mitch. Son père lui, légèrement plus sain d’esprit, se contente d’empailler les animaux et de les transporter partout. Comment donner vie à un enfant au sein d’une famille en apparence si dysfonctionnel ? Réapprendre à s’exprimer, à dire ce l’on pense réellement en tant qu’individu, c’est possible après tant d’années à se cacher derrière un masque?

Le ton satyrique de Marcotte m’a, en premier lieu, déstabilisée. Je me demandais où elle voulait en venir avec ce genre d’ambiance, ce choix de mot. Or, peu à peu, au fur et à mesure que les personnages se développaient, j’ai compris la beauté de son texte, sa puissance.

Peau m’a subjuguée par son originalité, par sa déchéance. J’ai adoré.

Peau
Marie-Claire Marcotte
Les Éditions L’Interligne (2016)
116 pages

adaptation

Adaptation au cinéma: Et au pire, on se mariera par Sophie Bienvenu

08:05:00

Et au pire, on se mariera par Sophie Bienvenu

Les adaptations de romans québécois au grand écran sont plutôt rares, mais toujours appréciées. Récemment, j’ai appris que l’œuvre Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenu serait en cinéma dès le mois prochain. Ma curiosité piquée, La Mèche a eu la gentillesse de m’envoyer une copie de presse à parcourir avant la sortie officielle du film! La jeune Sophie Nélisse qui m’avait tant impressionnée dans son rôle dans La voleuse de livres en tient le rôle principal.

En sachant sommairement qu’il s’agissait d’une histoire d’amour compliquée, je me suis lancée dans cette lecture on ne peut plus différente de ce qu’il m’était dans l’habitude de lire jusque-là.

Aicha a 13 ans et elle vit à Montréal. Ses meilleures amies Mel et Jo font les rues et son confident est un juif propriétaire du dépanneur au coin de la rue. Sans la moindre figure paternelle et avec une mère plus ou moins présente dû à sa carrière d’infirmière, elle se retrouve la plupart du temps laissée à elle-même. Un beau jour, Baz, un bel inconnu, lui porte secours. C’est le coup de foudre, mais Baz est trop vieux. Pas pour Aicha, non, pour la société. Ils se retrouvent donc plusieurs fois à son appartement. Baz est plutôt réticent à l’idée de côtoyer une fille de son âge. Aicha, elle, n’y voit aucun inconvénient. Elle lui met la pression, le harcelle pratiquement. Leur histoire est complexe, vouée à l’échec.

La narration se fait à la première personne du singulier. Aicha semble être en dialogue avec autrui, elle semble répondre à des questions, témoigner. Ce n’est que petit à petit que l’on apprend qu’elle s’entretient en fait avec une travailleuse sociale au sujet de Baz. Mais pourquoi? Car il serait coupable d’un acte terrible, impardonnable. Le problème : Aicha en est la réelle investigatrice.

Parfois à la limite de la vulgarité, je ne pourrais dire que cet ouvrage m’est complètement renversée. J’ai trouvé certaines parties tirées par les cheveux, légèrement improbables. Et au pire, on se mariera donne, quant à moi, une vision bien stéréotypée d’une adolescente dite « dérangée ». De plus, en termes littéraires, l’ensemble aurait pu être un peu plus recherché.

Une lecture divertissante, sans plus.

Et au pire, on se mariera
Sophie Bienvenu
La mèche (2014)
152 pages

amour

Déception: La délicatesse de David Foenkinos

08:03:00

La délicatesse de David Foenkinos
Après avoir absolument adoré ma lecture de Charlotte écrit par David Foenkinos, j’ai eu envie de lire autre chose de cet écrivain. Le mystère Henri Pick m’intriguait, mais étant donné qu’il n’était pas encore disponible en format poche, je me suis plutôt tournée vers La délicatesse paru en 2009 et adapté au cinéma. Sans attentes, sans avoir lu le quatrième de couverture et n’ayant aucune idée de ce que j’allais y retrouver, j’ai plongé dans ce récit.

Le début est prometteur. Nathalie et François se rencontrent, un beau jour, en plein milieu de la rue. C’est le début d’une vie commune sans embrouille, paisible. Leur amour est constant et vrai, la passion ne les quitte pas. Or, un matin, lors de son jogging quotidien, François meurt frappé par une voiture. Un accident banal, presque irréel. En tant que lecteur, on est déstabilisé, oui, mais on se dit que quelque chose de mieux nous attend. C’est ce que je pensais.

Le temps passe et Nathalie vit toujours dans l’ombre de son mari. Sa vie a pris un tournant inattendu et elle ne semble pas être capable de surmonter cette épreuve. Au travail, son patron lui fait des avances qu’elle ne cesse de refuser. C’est à ce moment que Markus entre en jeu. Markus, c’est un collège de travail suédois qu’elle embrasse pas erreur. À partir de là, ils ne se quittent plus. Leur relation est ambiguë, complexe et secrète. Puis, la fin arrive et Nathalie se réveille.

Que devons-nous comprendre d’une telle finale ? Que la mort de son mari n’a pas eu lieu ? Qu’elle n’a jamais rencontré Markus ? Aucune idée, mais personnellement je n’ai pas trouvé que cela ajoutait quoi que ce soit à l’histoire déjà plutôt banale.

Les romances ce n’est pas mon fort et ce n’est pas ce à quoi je m’attendais en ouvrant un roman de Foenkinos. Charlotte m’avait émue, bouleversée et j’avais trouvé la plume de l’auteur incroyablement belle. Ici, rien de particulier ni dans la forme ni dans le style. Une déception.

La délicatesse
David Foenkinos
Folio (2009)
210 pages 

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