calvino

Si une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino

09:30:00

Si une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino

Le talent d’Italo Calvino m’était inconnu jusqu’à tout récemment. Qu’on l’affirme ou non, notre culture littéraire se forme souvent en premier lieu sur les bancs d’école. C'est à cet endroit que j’ai eu l’honneur de découvrir les œuvres plutôt complexes et déroutantes de cet auteur. Si une nuit d’hiver un voyageur, réédité il y a peu au format poche chez Folio, figurait parmi la longue liste de lectures obligatoires que j'avais pour cette session. À vrai dire, c’est le tout premier roman que j’ai lu cet automne au CÉGEP. Avec enthousiasme, j’en ai donc fait une lecture pour le plaisir qui m’a réellement charmée. Ensuite, j’ai dû réaliser un travail à son sujet, puis un second et finalement, dans les derniers jours, j’ai fini par remettre un troisième travail sur l’œuvre en question. C’est donc sans vous mentir que j’affirme être un peu lasse de ce récit qui, pourtant, m’avait si renversée la première fois. Plusieurs semaines de retard plus tard, je vous offre enfin mon avis sur ce bouquin mystérieux.

Si une nuit d’hiver un voyageur est un récit plus que complexe. Dans le chapitre initial, le narrateur nous donne la forte impression qu’il s’adresse à nous. Il décrit un Lecteur bien assis dans son fauteuil entamant les premières pages du roman Si une nuit d’hiver un voyageur. On se sent concerné puisque ce « tu » mystérieux décrit nos moindres fait et gestes en tant que lecteur. Petit à petit une distinction se crée et le personnage du Lecteur (qui ne sera jamais réellement nommé) se trace. On comprend que, dans l’histoire qu'on lit, un Lecteur lit une histoire lui aussi. Dès que celui-ci parvient à la fin de son chapitre, le Lecteur réalise que la suite n’y est pas. Il part donc à la conquête de la fin du roman Si une nuit d’hiver un voyageur, mais se voit constamment dirigé vers d’autres œuvres intimement liées soit par le titre, l’auteur, le traducteur ou encore l’éditeur à l'oeuvre originale. D’un chapitre à l’autre, on saute donc de la quête du Lecteur aux récits eux-mêmes (ceux que lit le Lecteur). Et cela, pour finir par réaliser que tout s’entremêle, que tout se croise et que tout est interrelié.

On doit lire Si une nuit d’hiver un voyageur pour le comprendre. Cet ouvrage ayant principalement pour thème la littérature contient une quantité folle de commentaires, de réflexions et de pensées sur l’industrie du livre, sur les lecteurs et sur ceux qui se cachent derrière toutes ces pages. Même s’il peut être intimidant ou parfois dur à comprendre à cause de sa structure, ce Calvino vaut la peine d’être parcourut par ceux qui aiment être déstabilisés et renversés au niveau littéraire.

Pour une expérience encore plus marquée, la relecture s’impose. On y réalise alors que les théories avancées lors de notre lecture précédente étaient complètement infondées et on les remplace par de nouvelles qui ne le sont pas plus. Vous avez aimé le film Inception ? Courrez à la librairie chercher ce roman, mais attention à ne pas choisir un ouvrage abimé, dont les pages sont déchirées ou encore manquantes! Bonne lecture!

Si une nuit d’hiver un voyageur
Italo Calvino
Folio (2015)
376 pages

grasset

Réception: Le déjeuner des barricades par Pauline Dreyfus

09:30:00

Le déjeuner des barricades de Pauline Dreyfus

Les livres pleuvent sur mon bureau. J’aime les voir là, qui m’attendent patiemment (mais pas trop quand même, j’ai des obligations) et qui me crient, chacun de leur côté, de les choisir en premier. Bien malgré eux, ils devront respecter leur ordre d’arrivée respective. Tout récemment, c’est l’œuvre Le Déjeuner des barricades de Pauline Dreyfus qui s’est vue sélectionnée parmi l’épais amas de pages accumulé sur lieu de travail. Gracieusement offert par Hachette Canada, ce roman de la rentrée littéraire a, je dois l’avouer, nécessité quelques efforts de ma part pour le lire dans son intégralité.

Le récit se déroule en mai 1968, en France, pendant une certaine révolution étudiante (pardonnez-ici mon grand manque de culture politique française). L’ensemble de l’histoire se passe dans un hôtel. Le lieu est influencé par les tendances révolutionnaires et les employés prennent le contrôle de l’établissement. Or cet hôtel accueille de nombreuses célébrités de l’époque comme Salvador Dali et sa femme et certains ont des habitudes bien précises. Florence, par exemple, est l’une des plus riches clientes et, de façon régulière, celle-ci organise des diners littéraires. Les membres du personnel voteront-ils pour le boycotte de l’événement où seront-ils en accord avec le maintien souhaité par le directeur ?

Dans un style littéraire assez simple, Dreyfus nous raconte cette histoire sans pause, dans une continuité un peu lourde. Les chapitres sont simplement absents du texte et, par le fait même, les divisions très rares entre les péripéties.

L’apparition du personnage de Modiano m’a agréablement surprise, car j’étais en train de lire, parallèlement à cette lecture, Rue des Boutiques Obscures de cet auteur.

Bref, sans plus, j’ai apprécié les quelques centaines de pages de Le Déjeuner des barricades.

Le déjeuner des barricades
Pauline Dreyfus
Grasset (2017)
232 pages

enquête

Première rencontre avec l'inspecteur Maigret de Simenon

09:56:00

Maigret et la grande perche de Simenon
La figure de l’enquêteur est omniprésente dans la littérature depuis des siècles. Or c’est seulement aux alentours du 19ième siècle que les œuvres de ce genre devinrent extrêmement nombreuses et appréciées du grand public. Les romans de gare ont fait leur apparition. Vous savez, ces ouvrages que l’on feuillette à la va-vite dans le but de passer un bon moment et que l’on oublie ensuite pour le restant de notre vie…

Un des auteurs les plus reconnus pour avoir publié ce type de littérature dont l’appellation est, ma foi, est très condescendante, serait sans aucun doute l’écrivain belge Georges Simenon. Avec à son actif plus d’une centaine de courts romans mettant de l’avant son fameux inspecteur Maigret, l’enquêteur n’a plus de secret pour lui. Maigret et la grande perche publié en 1951 est l’œuvre de cet auteur prolifique que je vous présente aujourd’hui.

Ce court roman met, une fois de plus, à l’avant-plan l’inspecteur Maigret. Celui-ci reçoit la visite d’Ernestine, une connaissance de grande date. Elle lui fait part de la disparition de son mari, cambrioleur professionnel. Ayant découvert le corps d’une jeune femme morte dans une des résidences qu’il visait, Ernestine est convaincue qu’il a préféré s’enfuir que d’éveiller les soupçons sur sa personne. Maigret se voit donc confier l’enquête bien malgré lui. Petit à petit, il en apprend plus sur les étranges propriétaires de la demeure et, à l’aide de son incroyable sens de déduction (et de sa chance, il faut dire), parvient à résoudre le mystère lié à cet homicide.

Sans être un énorme chef-d’œuvre de la littérature française, Simenon nous offre une belle lecture simple et divertissante. On y retrouve du suspense et bon nombre de rebondissements. Maigret est un inspecteur attachant qui sait plaire à toute une variété de lecteurs.

Maigret et la grande perche
Georges Simenon
Le livre de poche (1951)
190 pages

Les plus consultés

Suivez-nous sur Facebook