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Du Je au Jeu : réflexion théâtrale de Jean-François Casabonne

05:39:00

Du je au jeu, réflexion expressionniste d'un praticien sur le théâtre de Jean-François Casabonne
Comment décrire une œuvre qui refuse de se catégoriser elle-même? À cheval entre l’essai, la réflexion et même parfois le guide, Du Je au Jeu de Jean-François Casabonne amène l’apprenti comédien ou tout simplement, l’homme de théâtre, à reconsidérer son rôle et sa place dans la pratique de cet art.

C’est une hésitation à enseigner ou non le théâtre qui, à l’origine, pousse Casabonne à rédiger sa réflexion expressionniste d’un praticien sur le théâtre. Son important bagage scénique lui permet d’expliquer assez simplement les principes fondamentaux de la discipline. Celui-ci commence son texte en mettant en parallèle plusieurs récits, notamment celui d’Œdipe. On y apprend notamment que l’acteur doit tout d’abord se connaître en profondeur avant de pouvoir interpréter quelque personnage que ce soit avec brio. Cela évite de se retrouver dans le fameux « chemin creux » où l’ambiguïté fait rage.

Malgré mes connaissances plutôt restreintes en la matière, l’œuvre de Casabonne était assez simple et bien divisée pour que j’en comprenne l’essence et les idéaux. L’importance de la distance que doit prendre l’acteur lorsqu’il joue m’a surprise. En effet, celui-ci doit, d’une part, être en unisson avec son personnage afin de bien rendre ses sentiments, ses gestes et ses dialogues, mais d’une autre, le comédien ne doit pas tomber dans l’instinct. Il doit rester conscient et en contrôle de ce qu’il interprète. À ce sujet, la couverture de l’œuvre me semble particulièrement réussie, de même que le titre de celle-ci. L’égo, on le met de côté, et on fait place à la créativité, à la liberté offerte par la scène.

Du Je au Jeu est une petite plaquette garnie de profondes réflexions sur le monde du théâtre. Un monde que l’on oublie parfois, ou plutôt que l’on met de côté volontairement, depuis l’invention de la télé et de tous ses dérivés. Le théâtre reste une forme d’art vraie, créative et faisant appel à l’imagination du spectateur contrairement à ce que nous offre l’art cinématographique la plupart du temps.

Je tiens à remercier tout particulièrement les éditions Somme toute pour l’envoi d’œuvres renversantes et toujours très enrichissantes.

Du Je au Jeu
Jean-François Casabonne
Somme toute (2014)
80 pages

américain

Collab: Ces endroits où il fait bon de lire!

07:07:00

Tendre est la nuit de F. Scott Fitzgerald et Fleepbed

Lire est une tâche importante. Que ce soit pour nourrir votre passion ou tout simplement pour faire votre travail, autant vous installer dans un endroit confortable qui ne nuira pas à votre concentration. En tant que lectrice compulsive, j’avais envie de vous partager mes lieux de prédilection où je m’adonne quotidiennement à la lecture.

Sur les bancs d’école - littéralement
Avec les cours qui recommencent dès très bientôt, je me peux m’abstenir de mentionner cet endroit : les bancs rouges de la bibliothèque du cégep. Bah quoi? On doit faire avec ce que l’on a et je vous avouerais que c’est pas mal le summum en matière de confort dans ce lieu qui devient ma deuxième maison huit mois par année. J’y enchaine les lectures obligatoires puisqu’il y règne un silence complet la plupart du temps (si l’on omet les bâillements, les ronflements et les épisodes de toux qui ne semblent plus finir). 

Tendre est la nuit avec mon oreiller Fleepbed
Mon lit reste probablement l’endroit où je tourne le plus de pages. Le matin, la nuit, une journée de pluie, tous les moments sont bons pour rester couchée dans son lit une bonne tasse de thé et un bon livre à la main. Lorsque mes yeux fatiguent, même pas besoin de bouger, je suis déjà toute prête pour le dodo. La semaine dernière, une compagnie québécoise vraiment trippante m’a contactée pour que je teste leurs oreillers en mousse mémoire. Sans hésiter, j’ai accepté. Lire dans un lit, c’est bien plaisant, mais à la longue ça peut aussi être inconfortable.

En plus d’offrir des oreillers produits au Québec, Fleepbed livre des matelas issus de la même technologie. Oui, vous avez bien lu, on vous livre votre matelas par la poste! Cette compagnie d’ici propose des produits réversibles : un côté ferme qui supporte bien votre tête et votre cou et un côté moelleux qui épouse la forme de votre crâne. De mon côté, je choisis plus de fermeté lorsque je lis afin de ne pas glisser et d’être bien supportée, mais pour dormir je la retourne du côté duveteux! Pour un bon moment lecture et pour une excellente nuit de sommeil, je vous les recommande vivement!

En attendant
La ponctualité est une qualité que je possède depuis ma tendre enfance et que je chéris profondément, mais arriver à l’avance ça signifie de nos jours : attendre. J’ai donc pris l’habitude de toujours trainer un livre dans mon sac-à-main (comme si ce n’était pas quelque chose que je faisais déjà) et de m’enfiler quelques pages à chaque fois que j’en ai la chance. Mon chéri est un retardataire dans l’âme, heureusement l’entrée de mon immeuble possède un grand divan sur lequel il m’est arrivé fréquemment de terminer un roman.

Au grand air
Même si l’été nous quitte petit à petit, mes agréables moments passés à lire sur le patio resteront gravés dans mon cœur (jusqu’à l’été prochain). Il y a quelque chose de rafraichissant et de profondément relaxant dans le fait de lire sous le soleil une petite brise dans les cheveux. L’immersion dans un autre monde, dans un livre, en est d’autant plus facilitée. 

Même si l’acte de lire en revient à se couper du monde physique, le faire dans un lieu qui nous est cher et qui nous correspond est toujours plus amusant. Et vous, quel est votre endroit favori pour lire?

Encouragez les compagnies d'ici:
Fleepbed

amour

Coup de coeur théâtral: J't'aime encore de Roxanne Bouchard

07:55:00

J't'aime encore de Roxanne Bouchard
Je ne sais pas si c’est de la chance ou si ce sont simplement de bons choix, mais à chaque fois que je m’empare d’une pièce de théâtre, c’est une merveille.  Que ce soit Roméo et Juliette de Shakespeare, Cinéma de Mishka Lavigne ou encore J’t’aime encore de Roxanne Bouchard, c’est toujours très bon.

C’est d’ailleurs de cette dernière dont je ferai l’éloge aujourd’hui. J’t’aime encore publié récemment chez VLB éditeur est un monologue amoureux qui nous remet en plein visage la réalité de l’amour à long terme. D’une manière agréablement réaliste, Bouchard mélange les niveaux de compréhension. D’un côté on nous explique comment la permaculture peut s’avérer efficace dans la société d’aujourd’hui et d’un autre Marjolaine, l’actrice de la pièce, interrompt son texte pour nous parler de sa vie. Marjolaine est une mère de famille et conjointe, mais elle est aussi un être à part entière avec ses rêves et ses désirs. Elle se compare à l’une de ses copines, Isabelle, qui est encore jeune et frivole et ne voit en elle qu’une maman ridée dont le sex-appeal s’est complètement dissipé.

J’t’aime encore crie la vérité. On sent, on sait, que l’auteure a mis du sien dans l’écriture de ce bijou de la littérature québécoise. Vient un âge où la routine fait son entrée. Les party diminuent, les sorties se font plus rares et de dire je t’aime devient un réflexe. Or, tout juste avant de commettre une grave erreur, Marjolaine réalise qu’elle n’est pas prête à mettre de côté tout le cheminement qu’elle a fait jusqu’ici. Non. Être jeune c’est bien beau, mais vieillir c’est beau aussi, d’une autre façon. Non, tu ne seras plus la star des tapis rouges. Oui, tu vas en ramasser du vomi sur le sol. Oui, tu vas te chicaner avec ton copain quelques fois, mais tout ça va en avoir valu la peine. Tu vas avoir fait du chemin et tu vas avoir évolué. Et vous allez vous aimer encore, malgré tout.

Ce monologue amoureux, je le recommande à tout le monde, sans exception. Que tu sois vieux, jeune, en amour ou pas, lis ça. C’est merveilleux et c’est touchant.

J’t’aime encore
Roxanne Bouchard
Vlb éditeur (2016)

117 pages

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